🦬 Cette Cour Juge Les Crimes En France
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Meauxet les juges d’instruction de ces tribunaux»; 3. Considérant que, dans la requête, le Congo indiquait qu’il «entend[ait] fonder la compétence de la Cour, en application de l’article 38, paragraphe 5, du Règlement de la Cour, sur le consentement que ne manquera[it] pas de donner la République française»; 4. Considérant que la requête contenait en outre une «demande d
LaCour d'assises juge les personnes accusĂ©es de crime, c'est Ă dire des infractions les plus graves (meurtre, viol, vol Ă main armĂ©..) ainsi que les tentatives et complicitĂ© de crimes. Cette juridiction n'est pas permanente. Elle siège par session tous les trimestres environ pendant une quinzaine de jours. Dans le dĂ©partement des Landes, le siège de la Cour d'assises est Ă
Eneffet, il rĂ©sulte de l'article L.331-9 du code de la consommation, dans sa version applicable Ă cette procĂ©dure de surendettement, que les crĂ©anciers auxquels les mesures recommandĂ©es par la commission et rendues exĂ©cutoires par application de l'article L.332-1 ou de l'article L.332-2 sont opposables ne peuvent exercer des procĂ©dures d'exĂ©cution Ă
Algérienmutilé en France : Les auteurs du crime devant le juge. Mohand Ouamar 11 avril 2022 - 10:00. Trois individus ayant torturé à mort un jeune algérien en 2019 comparaitront à partir du lundi 11 avril 2022 devant la cour d’assises des mineurs de la ville de Lyon. Les trois mis en cause encourent de lourdes peines en vue des
Courd'assises . Cette collection rassemble des extraits d'entretiens filmés relatifs aux différents aspects du fonctionnement de la cour d'assises, son organisation, les acteurs, le déroulement d'un procès. En France, la cour d'assises est la juridiction qui juge les crimes, c'est-à -dire les infractions plus graves que les délits (jugés par le tribunal correctionnel) et les
LaCour suprême du Canada aura sa première juge autochtone. Le premier ministre Justin Trudeau a proposé la nomination de Michelle O’Bonsawin, qui est aussi «
Lefrère de Mohamed Merah est jugé depuis le 2 octobre par une cour d’assises spéciale. Cette juridiction d’exception statue notamment sur les crimes commis en matière de terrorisme ou de
Quelssont les résultats proches pour Cette cour juge les crimes en france Nombre de résultats supplémentaires : 30 ARRETISTE [9] ASSESSEUR [9] CASSATION [9] ASSASSINATS [11]
PmtQ. Reconnaissons-le, la Cour pĂ©nale internationale, qui cĂ©lèbre son vingtième anniversaire le 1er juillet, souffre d'un manque de rĂ©sultats. En deux dĂ©cennies, et pour un coĂ»t de près de deux milliards de dollars, la CPI n'a obtenu aucune condamnation pour crimes graves d'un quelconque reprĂ©sentant de l'État, Ă quelque niveau que ce soit, oĂą que ce soit dans le monde. Certaines de ses principales affaires ont Ă©chouĂ© en raison d’une prĂ©paration dĂ©ficiente, de revirements en appel et d'un sabotage pur et simple de la part des responsables visĂ©s. Les seuls accusĂ©s condamnĂ©s pour des crimes d'atrocitĂ© en 20 ans ont Ă©tĂ© cinq rebelles africains. Pourtant, la CPI a eu un impact important sur la justice mondiale, grâce Ă son statut de Rome, qui a Ă©tĂ© transposĂ© dans de nombreuses lois nationales, aux standards internationaux en matière de responsabilitĂ© qu'elle contribue Ă promouvoir, ainsi qu'Ă la pression qu'elle a exercĂ©e sur certains États, comme la Colombie, pour qu'ils engagent des poursuites au risque de voir s’ouvrir une enquĂŞte de la CPI. Dans une affaire que j'ai contribuĂ© Ă instruire, l'Union africaine UA a jouĂ© un rĂ´le essentiel dans le procès de l'ancien dictateur tchadien Hissène HabrĂ© par un tribunal "mixte" soutenu par l'UA au SĂ©nĂ©gal, prĂ©cisĂ©ment pour montrer que l’Afrique pouvait juger les siens et Ă©viter d'autres procès de la CPI contre des dirigeants africains. Tribunaux mixtes et compĂ©tence universelle Car ce sont de fait les tribunaux nationaux et mixtes qui dominent les efforts mondiaux en la matière, et la liste des anciens hauts dirigeants qu'ils ont poursuivis pour des violations des droits humains ne cesse de s'allonger, notamment Charles Taylor au Liberia, Saddam Hussein en Irak, Khieu Samphan au Cambodge, Alberto Fujimori au PĂ©rou, EfraĂn Rios Montt au Guatemala, Hosni Moubarak en Égypte et Blaise CompaorĂ© au Burkina Faso. Hashim Thaci du Kosovo est maintenant jugĂ© par un tribunal kosovar siĂ©geant Ă La Haye. La GuinĂ©e vient d'inculper son ex-prĂ©sident Alpha CondĂ©. Le gouvernement gambien vient maintenant de dĂ©clarer qu'il va poursuivre l'ancien prĂ©sident Yahya Jammeh devant un tribunal mixte. Les affaires de "compĂ©tence universelle" sont Ă©galement en augmentation, avec plus d’une centaine de suspects visĂ©s, vivant pour la plupart en Europe, poursuivis pour des crimes commis en Syrie, au Liberia, en Irak et au Rwanda. Cette Ă©volution positive a Ă©tĂ© encouragĂ©e par le militantisme des ONG, la crĂ©ation, dans de nombreux pays europĂ©ens, d'unitĂ©s spĂ©ciales chargĂ©es des crimes de guerre, dont certaines ont ouvert des "enquĂŞtes structurelles" sur des pays comme la Syrie, et la mise en place de trois mĂ©canismes d'enquĂŞte indĂ©pendants pour les atrocitĂ©s commises au Myanmar, en Syrie et par Daesh. Ces mĂ©canismes constituent des dossiers pour crimes de guerre et les transmettent aux procureurs nationaux, contribuant ainsi Ă crĂ©er ce que l'ancien ambassadeur amĂ©ricain en charge des crimes de guerre, Stephen Rapp, a appelĂ© un nouvel "Ă©cosystème de justice internationale". Rapp est l'un de ceux qui plaident, avec la Commission internationale de juristes, pour la crĂ©ation d'un mĂ©canisme d'enquĂŞte indĂ©pendant permanent afin de constituer des dossiers de poursuites dans les pires situations nationales. L'agression de l’Ukraine par la Russie et ses crimes de guerre flagrants ont créé un "momentum Ukraine" dans la justice internationale et donne Ă la CPI une occasion en or de dĂ©montrer sa pertinence. Mais elle a Ă©galement mis en lumière les calculs politiques et la politique du deux poids, deux mesures qui caractĂ©risent la CPI et, plus gĂ©nĂ©ralement, le système de justice internationale. La mobilisation gĂ©nĂ©rale et rapide de la CPI et des procureurs nationaux en Ukraine a surpassĂ© de loin toutes les rĂ©ponses connues auparavant. Le nouveau procureur de la CPI, Karim Khan, a saisi l'occasion pour se rendre Ă trois reprises dans ce pays qu'il qualifie de "scène de crime", ouvrir le plus grand bureau extĂ©rieur de la CPI, crĂ©er un portail en ligne pour recueillir des Ă©lĂ©ments de preuve et rĂ©unir des contributions extrabudgĂ©taires des États et de personnel dĂ©tachĂ© sans prĂ©cĂ©dents pour soutenir son enquĂŞte. Quarante-trois États membres de la CPI ont officiellement demandĂ© une enquĂŞte de la CPI sur la situation en Ukraine, ce qui signifie que dans ce cas le procureur n'a pas eu Ă perdre de temps pour obtenir l'approbation des juges. MĂŞme les États-Unis, qui s'opposent Ă la compĂ©tence de la CPI Ă l'Ă©gard des ressortissants d'États non parties comme les États-Unis en l'absence d'un renvoi par le Conseil de sĂ©curitĂ©, semblent soutenir l'enquĂŞte de la CPI sur les crimes prĂ©sumĂ©s commis par des ressortissants russes un État non partie en Ukraine. Outre la procureure ukrainienne, Iryna Venediktova, qui est en première ligne avec une Ă©quipe chargĂ©e d'examiner plus de 15 000 crimes de guerre prĂ©sumĂ©s, cinq États voisins et la CPI se sont joints Ă elle pour former la plus grande "Ă©quipe d'enquĂŞte conjointe" jamais constituĂ©e, tandis que des experts envoyĂ©s par de nombreux autres pays contribuent Ă ses enquĂŞtes. C'est exactement le type de rĂ©ponse concertĂ©e que les organisations de dĂ©fense des droits humains ont de tout temps prĂ©conisĂ©, la rapiditĂ© d'action permettant de recueillir et de prĂ©server des preuves d'une manière qui serait impossible par la suite. Cet engagement mondial en faveur de l'obligation de rendre des comptes devrait servir de modèle pour d'autres crises, notamment en Afghanistan, en Éthiopie, au Mali, au Myanmar, en Palestine et au YĂ©men. Et pourtant, bien sĂ»r, c'est l'exception. Comme l'a dĂ©plorĂ© Raji Sourani, directeur du Centre palestinien pour les droits de l'homme bien qu’il soit partisan de l'enquĂŞte de la CPI sur l'Ukraine, le procureur n'a jamais cherchĂ© Ă obtenir des fonds extĂ©rieurs pour l'enquĂŞte de la CPI sur la Palestine, n'a jamais parlĂ© de "scène de crime", n'a jamais ouvert un portail permettant aux observateurs de signaler les crimes, n'a jamais cherchĂ© Ă se rendre en Palestine. Bras juridique de l’Otan ? Si le bureau du procureur de la CPI ne veut pas risquer d’être considĂ©rĂ© comme le simple bras juridique de l'Otan, il doit concevoir une rĂ©ponse tout aussi robuste dans les autres situations sur lesquelles il est censĂ© enquĂŞter, au risque sinon, selon la Coalition pour la CPI, "d'exacerber les perceptions de politisation et de sĂ©lectivitĂ© dans le travail de la Cour". Les engagements des États en matière d’appui budgĂ©taire et en ressources humaines pour l'Ukraine, selon la Coalition, "envoient le signal malheureux que la justice pour certaines victimes doit ĂŞtre privilĂ©giĂ©e par rapport Ă d'autres, en fonction de la volontĂ© politique." Ces perceptions de partialitĂ© ont Ă©tĂ© alimentĂ©es en septembre dernier lorsque le procureur Khan a annoncĂ© que, dans son enquĂŞte sur l'Afghanistan, il "dĂ©priorisait" les crimes prĂ©sumĂ©s des États-Unis et de leurs alliĂ©s, dont l'enquĂŞte n'avait guère progressĂ© en près de 20 ans mais avait dĂ©clenchĂ© des sanctions de l'administration Trump contre le tribunal. Avant l’arrivĂ©e de Khan, le bureau du procureur a dĂ©jĂ laissĂ© le Royaume-Uni s'en tirer Ă bon compte, en se refusant Ă conclure que les efforts du Royaume-Uni pour traiter les allĂ©gations de torture systĂ©matique en Irak n'Ă©taient pas sincères, malgrĂ© l'absence de poursuites nationales en quinze ans. Mais c’est l’ensemble de l’écosystème de la justice internationale qui est polluĂ© par l'Ă©cosystème de la justice internationale. Les lois de compĂ©tence universelle de la Belgique et de l'Espagne ont Ă©tĂ© essentielles Ă une Ă©poque pour faire avancer les affaires contre HabrĂ© et le chilien Augusto Pinochet, mais elles ont Ă©tĂ© abrogĂ©es suite Ă des pressions politiques lorsqu'elles se sont retournĂ©es contre des AmĂ©ricains, des Chinois et des IsraĂ©liens. L'Allemagne, dont l'utilisation offensive de la compĂ©tence universelle a conduit Ă des poursuites historiques contre des tortionnaires syriens et, plus rĂ©cemment, contre un membre prĂ©sumĂ© d’un escadron de la mort gambien, a refusĂ© Ă deux reprises de donner suite Ă des plaintes contre des responsables de l'administration Bush pour des crimes prĂ©sumĂ©s de la "guerre contre le terrorisme" contre des dĂ©tenus musulmans, tout comme la France. Et bien sĂ»r, les États-Unis eux-mĂŞmes n'ont jamais poursuivi ces responsables pour avoir ordonnĂ© des pratiques telles que le "waterboarding", l'utilisation des prisons secrètes de la CIA et le transfert de dĂ©tenus vers des pays oĂą ils ont Ă©tĂ© torturĂ©s. La mobilisation de la justice autour des horreurs infligĂ©es Ă l'Ukraine est rĂ©confortante et illustre comment la justice peut fonctionner lorsque la volontĂ© politique existe. Mais l'intĂ©gritĂ© Ă long terme et l'acceptation mondiale de la CPI et du cadre de la justice internationale exigent qu'ils s'attaquent Ă©galement aux crimes commis par de puissants acteurs occidentaux, et pas seulement par Ă leurs ennemis dĂ©signĂ©s. RecommandĂ© par la rĂ©daction REED BRODY Reed Brody, de la Commission internationale de juristes, Ă©tait l'avocat des victimes de l'ancien dictateur du Tchad, Hissène HabrĂ©, et est membre des groupes d'experts de la CIJ et d'Oxford proposant un mĂ©canisme d'enquĂŞte indĂ©pendant permanent. Il est l'auteur de quatre rapports de Human Rights Watch sur les mauvais traitements infligĂ©s par l'administration Bush aux dĂ©tenus de la "guerre contre le terrorisme". Son livre sur l'affaire HabrĂ©, "To Catch a Dictator", sera publiĂ© par Columbia University Press en novembre.
RĂ©sumĂ© Index Plan Texte Notes Citation Auteur RĂ©sumĂ©s Toutes les statistiques balayant le xixe siècle en France convergent le dimorphisme sexuel en matière de crime est incontestable. Entre 1811 et 1914, en Haute-Garonne, les femmes reprĂ©sentent seulement 16 % des individus qui ont fait l’objet d’une instruction. Cette diffĂ©renciation sexuĂ©e n’est pas que quantitative. Hommes et femmes ne comparaissent pas nĂ©cessairement pour les mĂŞmes crimes. Les statistiques, rĂ©alisĂ©es Ă partir des arrĂŞts de la cour d’assises de la Haute-Garonne, semblent corroborer une criminalitĂ© spĂ©cifique en fonction du sexe de l’accusĂ©. Mais, la construction des donnĂ©es chiffrĂ©es est Ă contextualiser. Et la dimension genrĂ©e de la criminalitĂ© est Ă Ă©tudier. Nous proposerons des pistes de rĂ©flexion. All the statistics concerning nineteenth-century France converge sexual dimorphism in crime matters is unquestionable. In the Haute-Garonne, women represented only 16 % of individuals who were under investigation between 1811 and 1914. This gendered differentiation is not only quantitative but qualitative as well men and women did not commit the same crimes. The statistics gathered from the Haute-Garonne Court of Assize seems to corroborate the existence of specific crimes according to the sex of the defendant. But the data must be analyzed further in context. And the gendered character of crimes is to be studied. A new line of approach to the subject will be offered. Todas las estadĂsticas del siglo xix en Francia convergen es indiscutible el dimorfismo sexual, en lo que concierne el crimen. Entre 1811 y 1914, en el departmento de Haute-Garonne, las mujeres representan sĂłlo un 16 % de los individuos que fueron objetos de una instrucciĂłn. Esta diferenciaciĂłn sexuada no sĂłlo es cuantitativa. Los hombres y las mujeres no comparecen necesariamente por los mismos crĂmenes. Las estadĂsticas realizadas a partir de las sentencia del tribunal penal de Haute-Garonne parecen corroborar una criminalidad especĂfica segĂşn el sexo del acusado. Sin embargo, es imprescindible contextualizar la construcciĂłn de los datos cifrados, y estudiar la dimensiĂłn de gĂ©nero de la criminalidad, por lo cual propondremos nuevas orientaciones de de page EntrĂ©es d’index Haut de page Texte intĂ©gral Introduction 1 Michelle Perrot, Ouverture » in Christine Bard, FrĂ©dĂ©ric Chauvaud, Michelle Perrot, Jacques-Guy P ... 1Toutes les statistiques balayant le xixe siècle en France convergent le dimorphisme sexuel en matière de crime est incontestable. Entre 1811 annĂ©e qui inaugure l’entrĂ©e en vigueur du Code pĂ©nal napolĂ©onien et 1914 annĂ©e qui clĂ´ture habituellement le xixe siècle chez les historiens en Haute‑Garonne, 7 088 individus ont fait l’objet d’une accusation, mais les femmes reprĂ©sentent seulement 16 % d’entre eux. Bon an mal an, le cas haut-garonnais se fond dans la moyenne nationale. Évidemment, ces donnĂ©es, construites sur la base des personnes traduites devant la cour d’assises, ne reflètent pas nĂ©cessairement la rĂ©alitĂ© de la criminalitĂ©. Surtout, gardons-nous de gĂ©nĂ©ralisations dĂ©pourvues d’historicitĂ©. La faible proportion de la criminalitĂ© fĂ©minine Ă l’époque contemporaine n’est pas universelle, ni dans le temps ni dans l’espace. Michelle Perrot1 rappelle la rĂ©pression massive dont ont Ă©tĂ© victimes les sorcières aux xvie et xviie siècles. Elle met Ă©galement en lumière le cas de Stockholm, au dĂ©but du xviiie siècle, oĂą le taux de criminalitĂ© fĂ©minine est deux fois plus Ă©levĂ© que celui des hommes, au regard des inculpations comme des condamnations. 2Cette dissymĂ©trie entre hommes et femmes en matière criminelle, en France comme en Haute-Garonne, gĂ©nère inĂ©vitablement une dissymĂ©trie des sources, problème rĂ©current lorsqu’on se confronte Ă l’histoire du genre. Cet article vise Ă prĂ©senter des statistiques très gĂ©nĂ©rales sur la criminalitĂ© en Haute-Garonne au xixe siècle Ă partir des arrĂŞts de la cour d’assises. Il s’agit, en fait, des jugements rendus. Ils sont compilĂ©s dans des volumes reliĂ©s. Contrairement aux dossiers d’assises qui contiennent toute l’instruction mais qui sont très lacunaires, les arrĂŞts sont tous conservĂ©s dans le dĂ©partement pour le xixe siècle, ce qui facilite la rĂ©alisation de statistiques fiables. En deux, trois pages, ils rĂ©capitulent l’état civil de l’accusĂ©, le crime pour lequel il est poursuivi et enfin le verdict rendu. Le nom patronymique, les prĂ©noms, voire les surnoms, sont dĂ©clinĂ©s. Pour les femmes mariĂ©es, le nom d’épouse est ajoutĂ©, ce qui permet de dĂ©celer l’état matrimonial des femmes. Information que nous ne pouvons pas dĂ©duire pour les hommes et qui n’est quasiment jamais prĂ©cisĂ©e. Certaines donnĂ©es ne sont pas systĂ©matiques, comme la date de naissance ou la profession de l’accusĂ©. D’autres sont moins dĂ©taillĂ©es en fonction des pĂ©riodes sessions d’assises comme l’énoncĂ© du crime, en particulier lorsque le prĂ©venu est acquittĂ©. Ainsi, il arrive que la seule information recueillie sur le crime soit un vol, sans savoir dans quelles conditions, ni sans prĂ©cision sur l’objet du vol. Dans le dĂ©tail, les statistiques sont donc moins prĂ©cises. 2 Ces statistiques sont rĂ©alisĂ©es dans le cadre d’un doctorat portant sur la comparaison des hommes e ... 3Pour finir, ces statistiques sont construites Ă partir des arrĂŞts, c'est-Ă -dire Ă partir des jugements rendus sur des affaires qui ont donc Ă©tĂ© jugĂ©es. Toutes celles qui ont Ă©tĂ© portĂ©es Ă la connaissance de la justice mais qui, faute de coupable identifiĂ© ou faute de charges suffisantes, se sont conclues par un non-lieu ne sont pas comptabilisĂ©es. Inutile aussi de parler des crimes non dĂ©noncĂ©s qui relèvent de l’infra-judiciaire, de l’arrangement entre soi. En outre, nous nous sommes limitĂ©e aux infractions qualifiĂ©es de crimes par les magistrats2. 4Quelles hypothèses pouvons-nous Ă©mettre pour expliquer la diffĂ©renciation sexuĂ©e en matière de crime, qui Ă©mane des statistiques ? Les crimes ont-ils un genre ? 1. Des crimes redĂ©finis, et donc de moins en moins de criminels, de criminelles 5En comparant criminalitĂ© masculine et fĂ©minine, le premier constat est que le nombre de criminels, quel que soit le sexe du prĂ©venu, dĂ©cline au cours du xixe siècle fig. 1. Ce flĂ©chissement tout au long de la deuxième moitiĂ© du xixe siècle s’observe aussi au niveau national. Le Compte gĂ©nĂ©ral de l’administration de la justice criminelle en France rĂ©vèle qu’entre 1831 et 1880, le rapport du nombre d’accusĂ©s Ă la population est de 17 sur 100 000 habitants, en moyenne, Ă l’échelle mĂ©tropolitaine. En Haute-Garonne, il s’élève Ă 20 mais le dĂ©partement n’est pas classĂ© parmi les dĂ©partements les plus criminogènes Corse, Seine. 6Comment expliquer cette baisse du nombre de criminels prĂ©sentĂ©s devant la cour d’assises ? Elle est Ă rapprocher des politiques lĂ©gislative et judiciaire qui ont transformĂ© certains crimes en dĂ©lits, en Ă©cartant notamment les circonstances aggravantes qui convertissaient des dĂ©lits en crimes. Par exemple, auparavant, un vol commis avec des circonstances aggravantes – effraction, la nuit, dans une maison habitĂ©e – Ă©tait qualifiĂ© de crime. La loi du 13 mai 1863, en particulier, dĂ©fère donc Ă la juridiction correctionnelle certaines infractions jusqu’alors criminalisĂ©es, telles que les coups et blessures ayant entraĂ®nĂ© une incapacitĂ© de travail de plus de vingt jours, la suppression d’enfant lorsqu’il est Ă©tabli que ce dernier n’a pas vĂ©cu. Dans ce dernier exemple, cela signifie qu’un certains nombre d’infanticides prĂ©sumĂ©s sont dĂ©fĂ©rĂ©s devant le tribunal correctionnel. La rĂ©forme de 1863 entraĂ®ne donc une baisse des effectifs parmi les accusĂ©s de crime fig. 1. Cette correctionnalisation est justifiĂ©e par la volontĂ© de rĂ©primer davantage. Une rĂ©pression plus lĂ©gère, certes, mais plus contrĂ´lĂ©e qui Ă©vite les acquittements jugĂ©s scandaleux » prononcĂ©s par les jurys d’assises. Ceux-ci prĂ©fĂ©rant acquitter lorsqu’ils Ă©valuent la peine prĂ©vue par le Code pĂ©nal disproportionnĂ©e par rapport au cas jugĂ©. Et ce, malgrĂ© la possibilitĂ© depuis 1832, pour les jurys, de reconnaĂ®tre des circonstances attĂ©nuantes qui abaissent d’un degrĂ© la peine encourue de la peine de mort vers les travaux forcĂ©s Ă perpĂ©tuitĂ©, par exemple. Fig. 1. Nombre d’hommes et femmes accusĂ©s par pĂ©riodes quinquennales aux assises de la Haute-Garonne 1811-1914 © Sandrine Pons. 7Le premier crime poursuivi au xixe siècle, sans distinction de sexe, est le vol, en tout cas jusqu’en 1880. Ă€ partir de cette dĂ©cennie, en Haute‑Garonne, les infanticides dominent la criminalitĂ© fĂ©minine et dĂ©trĂ´nent dĂ©finitivement le vol, qui reste le crime prĂ©pondĂ©rant chez les hommes accusĂ©s. FrĂ©dĂ©ric Chauvaud et Arnaud-Dominique Houte rappellent que 3 FrĂ©dĂ©ric Chauvaud, Arnaud‑Dominique Houte, Au voleur ! Images et reprĂ©sentations du vol dans la Fra ... Le xixe siècle dĂ©teste unanimement les voleurs et les poursuit d’une impitoyable rĂ©pression. On retrouve l’image, popularisĂ©e par Tarde, d’un jury d’assises galant et propriĂ©taire », complaisant Ă l’égard du crime passionnel mais inflexible devant toute atteinte au portefeuille. Obsession propriĂ©taire » Ă©crit Ă©galement Michelle Perrot3. 4 Louis Gruel, Pardons et châtiments, Paris, Nathan, 1991, p. 47. 8Les historiens relativisent cette vue d’ensemble, en citant les travaux de Louis Gruel4. Ce dernier souligne que les vols sont souvent commis en rĂ©cidive, et qu’en qualifiant l’infraction, les magistrats filtrent en amont des assises, d’oĂą des taux d’acquittement assez bas. La correctionnalisation affecte surtout les vols, dans la seconde moitiĂ© du xixe siècle, comme en tĂ©moigne la figure 2. Et, une grande partie des vols commis par les femmes est correctionnalisĂ©e, ce qui explique la chute des poursuites pour vols aux assises les concernant, Ă partir de la dĂ©cennie 1860 fig. 2. Fig. 2. Hommes et femmes accusĂ©s de vol et tentative de vol en Haute-Garonne par dĂ©cennie 1811-1914 © Sandrine Pons. 5 Vol commis par un domestique ou un homme de service Ă gages mĂŞme lorsqu’il est commis envers une pe ... 9Sur toute la pĂ©riode 1811-1914, 33 % des vols dont la nature est connue et impliquant des femmes sont des vols domestiques5 qui reprĂ©sentent seulement 13 % des vols jugĂ©s chez les hommes. Ces derniers sont poursuivis d’abord, Ă 43 %, pour des vols d’argent. Cependant, il arrive souvent qu’un mĂŞme voleur ait plusieurs cibles et commette des vols de natures diffĂ©rentes, emportant argent, objets, nourriture. Sans surprise, les femmes jugĂ©es pour vol sont principalement des domestiques qui habitent une commune urbaine %, oĂą le personnel ancillaire est le plus recherchĂ© fig. 3. Alors que les hommes jugĂ©s pour vol sont très rarement des domestiques fig. 4. Tout vol confondu, 68 % des femmes et 53 % des hommes inculpĂ©s sont domiciliĂ©s dans les communes urbaines, dans un dĂ©partement majoritairement rural au xixe siècle. 10Les criminelles exerçant des professions très fĂ©minisĂ©es, comme la domesticitĂ©, sont surreprĂ©sentĂ©es dans les affaires de vol. Ainsi la criminalitĂ© n’est-elle pas liĂ©e Ă l’opportunitĂ©, et le confinement de certaines femmes dans la sphère privĂ©e ne les protège-t-il pas ? Ou bien, ces domestiques exerçant dans les villes, coupĂ©es de leurs attaches familiales, ne sont-elles pas des cibles plus vulnĂ©rables pour les autoritĂ©s ? La mĂŞme question pourrait ĂŞtre posĂ©e Ă propos des hommes poursuivis pour vol dont la quasi-moitiĂ© sont des artisans commerçants graph. 4, plutĂ´t citadins et dont la profession peut exiger une grande mobilitĂ©. 6 Michelle Perrot, Philippe Robert, Le compte gĂ©nĂ©ral de l’administration de la justice criminelle en ... 11Ă€ noter que % des hommes prĂ©sentĂ©s devant les assises pour vol sont des sans domicile fixe, appelĂ©s vagabonds Ă cette Ă©poque, sĂ»rement rĂ©duits au vol par nĂ©cessitĂ© seules 9 femmes jugĂ©es sont dans ce cas sur tout le xixe siècle mais très mal perçus dans les reprĂ©sentations collectives. D’Haussonville, avocat et essayiste, auteur en 1879 d’un ouvrage sur l’Enfance Ă Paris, les qualifie de criminels d’habitude » qu’il distingue des criminels d’accident qui font du vol une profession6. 12Ajoutons que l’association criminelle est une pratique plus rĂ©pandue chez les hommes. % des accusĂ©s sont soupçonnĂ©s d’avoir commis un vol avec des complices du sexe opposĂ©, % des femmes et 23 % des hommes se sont risquĂ©s Ă un vol en rĂ©union avec un ou des comparse-s du mĂŞme sexe. Les circonstances du passage Ă l’acte peuvent Ă©clairer ces chiffres. Fig. 3. CatĂ©gories socioprofessionnelles des femmes accusĂ©es de vol 1811-1914 © Sandrine Pons. Fig. 4. CatĂ©gories socioprofessionnelles des hommes accusĂ©s de vol 1811-1914 © Sandrine Pons. 13MĂŞme si le vol est, dans la plus grande partie du xixe siècle, le crime le plus jugĂ©, et qu’il est principalement perpĂ©trĂ© dans les villes, il prend des formes diffĂ©rentes en fonction du sexe des accusĂ©s. 2. Les crimes dits spĂ©cifiques une construction de la criminalitĂ© fĂ©minine et masculine ? 7 Ce que nous avons qualifiĂ© de crimes spĂ©cifiques » sont les crimes associĂ©s quasi exclusivement a ... 14En matière de crime et plus particulièrement certains crimes, on le sait, la diffĂ©renciation de sexe est forte. Ainsi, les crimes dits fĂ©minins sont souvent mis en lumière d’autant que quantitativement les femmes sont minoritaires devant les cours d’assises ou dans les prisons. On entend beaucoup moins parler de crimes masculins », crime et masculin semblant aller de soi, alors que la criminalitĂ© au fĂ©minin est associĂ©e Ă l’exception, et a ainsi suscitĂ© l’intĂ©rĂŞt des premiers criminologues, tel Lombroso. Les statistiques tendent Ă corroborer une criminalitĂ© spĂ©cifique7 » en fonction du sexe du prĂ©sumĂ© criminel, qui ne fait que reflĂ©ter pourtant les normes, dĂ©finies par une sociĂ©tĂ© Ă un temps donnĂ©, et le respect ou les rĂ©sistances que ces normes suscitent. Les statistiques ne sont pas nĂ©cessairement un miroir des rĂ©alitĂ©s sociales et des rĂ©alitĂ©s criminelles, d’autant que la notion de crime est variable d’un espace, d’une Ă©poque Ă l’autre. Au xixe siècle, au sommet de la hiĂ©rarchie des crimes, se situe le parricide, crime suprĂŞme qui offense la figure du père, consacrĂ©e par le Code civil, et autour de laquelle toute la sociĂ©tĂ© est construite la sociĂ©tĂ© patriarcale. Les seuils du tolĂ©rable et mĂŞme de l’imaginable sont Ă historiser. 8 Anne-Claude Ambroise-Rendu, Attentats Ă la pudeur sur enfants le crime sans violence est-il un ... 9 Georges Vigarello, Histoire du viol, xvie-xixe siècles, Paris, Seuil, 1998. 15Certains crimes ne sont mĂŞme pas envisageables. Ainsi, en Haute-Garonne, entre 1811 et 1914, aucune femme n’est poursuivie pour viol. Les statistiques enseignent que seuls des hommes sont inculpĂ©s pour cette infraction, les prĂ©sumĂ©s violeurs reprĂ©sentent 2 % de l’ensemble des accusĂ©s sur toute la pĂ©riode Ă©tudiĂ©e avec une hausse de poursuites entre 1831-1880. On sait que ce crime est, en plus, rarement dĂ©noncĂ©, difficile Ă prouver, et les victimes recensĂ©es sont quasi exclusivement des jeunes femmes, des adultes. Lorsque les violences sexuelles sont exercĂ©es sur des enfants, mĂŞme dans des cas avĂ©rĂ©s de viols, la justice poursuit souvent l’agresseur pour attentat Ă la pudeur, terme qui, comme le note Anne‑Claude Ambroise‑Rendu, a pour effet d’associer la victime et l’agresseur dans la mĂŞme rĂ©probation morale et » Et Georges Vigarello a montrĂ© que le viol est perçu non comme une perte de soi, au xixe siècle, mais comme une souillure sociale, centrĂ©e sur la crainte que la victime soit initiĂ©e Ă des apprentissages pervers9. Trois femmes sont poursuivies pour attentats Ă la pudeur sur enfants pour tout le xixe siècle, dans notre dĂ©partement, mais la lecture des dossiers d’assises rĂ©vèle que ce sont en fait des viols. En miroir, 483 hommes sont accusĂ©s pour la mĂŞme infraction, soit % des hommes jugĂ©s, particulièrement entre les dĂ©cennies 1850 et 1880. La loi de 1832 ajoute l’attentat Ă la pudeur sans violence pour les moins de 11 ans, âge qui est relevĂ© Ă 15 ans en 1863, ce qui peut expliquer en partie une hausse d’inculpations entre 1850 et 1880. Le Compte gĂ©nĂ©ral de l’administration de la justice criminelle en France, qui comptabilise viols et attentats Ă la pudeur dans la mĂŞme rubrique, note une hausse continue sur le siècle. En Haute-Garonne, 73 % des accusĂ©s d’attentats Ă la pudeur et % des accusĂ©s de viol sont originaires de communes rurales. Il semble que la communautĂ© villageoise exerce un contrĂ´le plus grand sur les membres qui la composent, elle est plus vigilante qu’en ville oĂą l’anonymat est la règle. De plus, rappelons que le dĂ©partement est majoritairement rural. 16Les viols et attentats Ă la pudeur apparaissent, Ă quelques exceptions près, comme des crimes masculins, au regard des statistiques. En Haute-Garonne, au xixe siècle, les crimes politiques jugĂ©s rĂ©bellion, insultes contre le roi, complot contre la sĂ»retĂ© de l’État, et le dĂ©lit de presse, qui est jugĂ© aux assises sont aussi le fait d’une Ă©crasante majoritĂ© d’hommes. En effet, seules 6 femmes sont poursuivies pour de telles infractions, en particulier 2 en 1831, vraisemblablement en lien avec les Trois glorieuses, la RĂ©volution de 1830. 4 sont acquittĂ©es et 2 condamnĂ©es Ă la prison. Ce sont des rurales. % de l’ensemble des hommes accusĂ©s entre 1811 et 1914 dans le dĂ©partement sont inculpĂ©s pour des crimes politiques. Et 87 % de ceux-lĂ le sont pendant la première moitiĂ© du xixe siècle, pĂ©riode qui connaĂ®t deux rĂ©volutions, des bouleversements politiques. Ils sont plutĂ´t issus de milieu urbain. 12 % sont impliquĂ©s dans un dĂ©lit de presse, en tant que journaliste ou gĂ©rant de journal. Notons pour finir que ces trois derniers crimes – viol, attentat Ă la pudeur, crime de nature politique – n'impliquant quasiment que des hommes, reprĂ©sentent une proportion faible des criminels de sexe masculin. Fig. 5. Nature des crimes masculins jugĂ©s en Haute-Garonne 1811-1914, en chiffres absolus © Sandrine Pons. 17Après les crimes dits masculins, leur corollaire, les crimes dits fĂ©minins. Des statistiques rĂ©alisĂ©es Ă partir des arrĂŞts, trois en Ă©manent, qui dans l’ordre d’importance quantitative sont les infanticides, les avortements et deux castrations dont une est une tentative. Dans le dernier citĂ©, les faits sont très rares – du moins très rarement jugĂ©s –, 25 dans toute la France entre 1826 et 1880, un par an donc en moyenne. Le Compte gĂ©nĂ©ral de l’administration de la justice criminelle en France ne met pas en parallèle un type de crime avec le sexe des prĂ©venus, il est ainsi impossible de savoir s’il s’agit d’auteurs exclusivement fĂ©minins. Dans notre dĂ©partement, c’est le cas. La particularitĂ© des crimes fĂ©minins au regard des statistiques, c’est qu’ils reprĂ©sentent une grande part de la criminalitĂ© fĂ©minine, contrairement aux crimes dits spĂ©cifiquement masculins fig. 5 et 6. Fig. 6. Nature des crimes fĂ©minins jugĂ©s en Haute-Garonne 1811-1914, en chiffres absolus © Sandrine Pons. 10 Nicolas Bourgoin, Les chiffres du crime. Statistiques criminelles et contrĂ´le social France, 1825- ... 18Les infanticides sont inclus dans les homicides % entre 1811 et 1849 et 81 % entre 1850 et 1914 des homicides sont des infanticides. Le nombre d’infanticides jugĂ©s augmente dans la 2e moitiĂ© du xixe siècle, tendance qui se vĂ©rifie Ă l’échelle nationale. Nicolas Bourgoin associe cette progression des accusations d’infanticide Ă une plus forte sensibilitĂ© de la sociĂ©tĂ© Ă cette forme de violence, liĂ©e Ă une chute de la mortalitĂ© infantile Ă la fin du xviiie siècle. Et cela se traduit dans la seconde moitiĂ© du xixe siècle par une vague de lois sur la protection de l’enfance10. Notons que 16 hommes sont poursuivis entre 1811 et 1914 pour un tel crime et que 4 d’entre eux comparaissent pour ces faits au cĂ´tĂ© d’une femme. Nous ne connaissons le lieu d’habitation que pour 13 accusĂ©s, les 13 sont ruraux exerçant une profession agricole, âgĂ©s surtout entre 30 et 55 ans. L’état civil ne permet pas de dĂ©terminer leur statut marital comme c’est possible pour les femmes dont l’identitĂ© est modifiĂ©e par l’acte du mariage. Les infanticides perpĂ©trĂ©s par des hommes sont donc rarement jugĂ©s ; sont-ils rarement commis ? Concernant les femmes infanticides, 78 % d’entre elles sont issues d’une commune rurale, dans laquelle les voisins s’épient, sont attentifs aux ventres des femmes. 60 % sont mĂ©nagères ou cultivatrices. Sans surprise, la plupart des accusĂ©es 70 % sont cĂ©libataires et cherchent donc, en commettant un homicide sur leur enfant nouveau-nĂ©, Ă effacer ce qui est considĂ©rĂ© comme une faute, une tache indĂ©lĂ©bile sur l’honneur, un enfant illĂ©gitime. 11 C’est la thèse d’Agnès Fine. Agnès Fine, Savoirs sur le corps et procĂ©dĂ©s abortifs au xixe siècle ... 19L’autre crime fĂ©minin » par excellence est l’avortement. Le Code pĂ©nal de 1810 punit l’avorteur et l’avortĂ©e. L’avortement n’est quasiment pas jugĂ© aux assises de Toulouse pendant la 1ère moitiĂ© du xixe siècle 4 uniquement ni dans le reste de la France entre 12 et 48 accusĂ©s entre 1826 et 1850. Pendant la dĂ©cennie 1850-1860, 30 femmes sont jugĂ©es pour avortement, il s’agit du plus haut pic au xixe siècle, elles sont en moyenne une dizaine par dĂ©cennie jusqu’en 1914. Ce sont surtout des sages-femmes %, des mĂ©nagères %, plutĂ´t citadines. Un tiers ont entre 26 et 30 ans. La proportion de cĂ©libataires et de mariĂ©es est Ă peu près Ă©gale. 25 hommes sont poursuivis pour avortement, 8 d’entre eux exerçant des professions mĂ©dicales. Il est très difficile au xixe siècle de distinguer un avortement d’une fausse couche spontanĂ©e, mĂ©decins et juristes se plaignent du manque de signes cliniques prouvant irrĂ©futablement l’infraction, ce qui explique la faible part des poursuites. Si le nombre d’avortements jugĂ©s augmente dans la deuxième moitiĂ© du xixe siècle, c’est peut-ĂŞtre parce que des mĂ©thodes abortives, pratiquĂ©es par des tiers mĂ©decins, sages-femmes, officiers de santĂ© formĂ©s au savoir obstĂ©trical se diffusent Ă partir de 1830-1840 seringue Ă matrice, sondes artisanales comme des aiguilles Ă tricoter. Et une indiscrĂ©tion, une erreur d’adresse, une vengeance peuvent mettre Ă jour des pratiques clandestines effectuĂ©es contre paiement11. 12 Aude Fauvel a Ă©tudiĂ© les viols commis par des femmes Ă cette Ă©poque. Aude Fauvel, Les femmes viol ... 20Les crimes spĂ©cifiques » quasi exclusivement perpĂ©trĂ©s par des hommes ou bien par des femmes sont liĂ©s au genre, Ă la bi-catĂ©gorisation de la sociĂ©tĂ© qui impose des rĂ´les bien dĂ©finis aux hommes et aux femmes. Pourtant, le Code pĂ©nal est universel, il s’adresse indiffĂ©remment Ă des sujets de droit sans distinguer le sexe des accusĂ©s. Par exemple, il ne dĂ©signe pas nominativement la mère comme coupable de l’infanticide, ni un individu de sexe masculin comme responsable d’un viol, d’un attentat Ă la pudeur. Et d’ailleurs, des infanticides perpĂ©trĂ©s par des hommes sont jugĂ©s et des attentats Ă la pudeur commis par des femmes aussi, mĂŞme s’ils le sont en faible proportion. Seuls les viols au fĂ©minin sont absents en Haute-Garonne, au xixe siècle ; ils existent pourtant, mais il semble ici qu’on approche un tabou, Ă mettre sĂ»rement en relation avec le fameux instinct maternel, très invoquĂ© au xixe siècle, siècle de la naturalisation12. Notons enfin que l’infanticide et l’avortement dĂ©signĂ©s comme les crimes fĂ©minins » par excellence, parce qu’ils sont associĂ©s au corps fĂ©minin, renvoient le plus souvent Ă l’isolement des femmes qui assument seules une grossesse non dĂ©sirĂ©e ou, pire, qui subissent seules les effets d’agressions sexuelles tues. 13 Anne‑Marie Sohn, Sois un homme ! » La construction de la masculinitĂ© au xixe siècle, Paris, Seuil ... 21Les crimes perçus comme spĂ©cifiques en fonction du sexe de l’auteur, au regard des statistiques, reflètent davantage la construction de la criminalitĂ©. La dĂ©finition du crime est mouvante, les sensibilitĂ©s, les reprĂ©sentations Ă©voluent, nous l’avons vu, et tout cela a des rĂ©percussions sur les chiffres de la criminalitĂ©. Les statistiques rĂ©alisĂ©es Ă partir des arrĂŞts d’assises nous dĂ©voilent ce que la sociĂ©tĂ© admet comme criminalitĂ©, ce qu’elle est prĂŞte Ă accepter et Ă poursuivre en fonction de ses valeurs, de ses sensibilitĂ©s, de sa morale et de ses obsessions du moment. Qui plus est, nous Ă©tudions des chiffres construits sur le nombre d’accusĂ©s jugĂ©s, ce qui signifie que toute une part de la criminalitĂ© nous Ă©chappe. De plus, ce qui est dĂ©signĂ© comme crime par l’État et le Code pĂ©nal de 1810 peut dans certaines circonstances sembler lĂ©gitime Ă la population qui ne dĂ©nonce pas certains faits. Nos donnĂ©es sont donc biaisĂ©es, filtrĂ©es. Les femmes criminelles sont rares, et surreprĂ©sentĂ©es dans des crimes dits fĂ©minins. Sont-elles plus malignes pour Ă©chapper aux crimes dits masculins ? Ou, plus vraisemblablement, sont-elles moins recherchĂ©es par les forces de l’ordre qui ont intĂ©riorisĂ© des stĂ©rĂ©otypes de genre associant femmes et douceur, candeur ? Autrement dit, une grande part de la criminalitĂ© fĂ©minine est-elle occultĂ©e ? Commettent-elles en rĂ©alitĂ© moins de crimes que les hommes ? Est-ce que leur Ă©ducation diffĂ©renciĂ©e de celle des garçons et tournĂ©e vers la sphère privĂ©e, familiale, a des rĂ©percussions sur leur vie sociale, au point de canaliser davantage des accès de violence ou des pulsions sexuelles encouragĂ©s, au contraire, dans l’apprentissage des garçons ? C’est un Ă©lĂ©ment Ă prendre en compte dans la comprĂ©hension de la diffĂ©renciation mais il est trop gĂ©nĂ©ral pour reflĂ©ter toute la rĂ©alitĂ©. L’éducation n’est pas la mĂŞme selon les milieux sociaux, et Anne‑Marie Sohn distingue la jeunesse rurale, la jeunesse des Ă©coles Ă©lite de demain, et la jeunesse ouvrière. La masculinitĂ© n’est pas uniforme et l’historienne montre que le xixe siècle voit le dĂ©clin d’une masculinitĂ© fondĂ©e sur la force, le courage et l’honneur13 » et qu’émerge en parallèle une masculinitĂ© basĂ©e sur la parole, la compĂ©tence et la mĂ©diation. 22En fait, au xixe siècle, la criminalitĂ© reste associĂ©e au masculin. Les femmes sont-elles cantonnĂ©es Ă une criminalitĂ© qui se veut spĂ©cifique ? 3. Les homicides, une entrĂ©e pertinente pour l’étude genrĂ©e du crime et des criminels ? 23Que ce soit les vols ou les crimes dits spĂ©cifiques, associĂ©s Ă l’un ou l’autre sexe, l’asymĂ©trie entre hommes et femmes est grande, tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Pour comparer de façon Ă©quitable hommes et femmes devant la justice, c'est-Ă -dire rĂ©unir quasiment autant d’affaires impliquant les reprĂ©sentants des deux sexes, et donc rassembler un corpus de sources Ă©quivalent, et cela en s’émancipant des catĂ©gories prĂ©dĂ©finies tels les crimes dits spĂ©cifiques, la seule solution, nous semble-t-il, est d’étudier les homicides au sens large incluant les tentatives d’homicide. 14 L’avortement n’est pas classĂ© comme homicide par le Code pĂ©nal et par les mĂ©decins lĂ©gistes tel Amb ... 24L’homicide est le meurtre d’une personne vivante, avec ou sans prĂ©mĂ©ditation. Le Code pĂ©nal de 1810 liste, entre les articles 295 Ă 304, les homicides en les subdivisant en meurtre, assassinat, parricide, infanticide et empoisonnement. Ă€ ces trois derniers homicides sont confĂ©rĂ©s des spĂ©cificitĂ©s liĂ©es Ă l’identitĂ© de la victime ou au moyen de tuer. Ils n’en restent pas moins au minima des meurtres. Écarter les infanticides au titre qu’ils constitueraient un crime spĂ©cifique » revient Ă nier ces homicides oĂą la grande majoritĂ© des accusĂ©s sont des femmes mais pas uniquement. Les statistiques criminelles dĂ©duites des arrĂŞts d’assises reflètent une criminalitĂ© construite. Ainsi, seules des femmes issues des classes populaires sont traduites devant la justice pour infanticide. Qu’en est-il des femmes issues des classes favorisĂ©es ? Et la question peut lĂ©gitimement se poser pour les hommes. La seule singularitĂ© de l’infanticide – au regard de la loi – est la victime, un nouveau-nĂ© dĂ©nomination floue par ailleurs. Est-ce parce que la personne frappĂ©e est fragile et sans dĂ©fense, que ce crime est traditionnellement considĂ©rĂ© comme spĂ©cifique » et Ă©tudiĂ© Ă part ou bien associĂ© Ă l’avortement14 dans l’historiographie ? Affirmer que les femmes tuent moins n’est donc pas exactement vrai. 25Si on retient la pĂ©riode 1850-1914, 226 criminels et 186 criminelles comparaissent pour homicide, selon les arrĂŞts dĂ©pouillĂ©s. L’homicide est le seul crime oĂą l’écart entre hommes et femmes est relativement rĂ©duit, tout en Ă©tant une des quatre premières infractions commises par les criminels, la deuxième ou la principale Ă partir de 1880 pour les criminelles. Ainsi, les femmes ne sont pas noyĂ©es dans la masse des criminels. 26Les femmes comparaissent principalement pour des infanticides. Au xixe siècle, elles sont Ă©galement poursuivies pour meurtre ou assassinat chiffres stables par rapport sur tout le siècle, pour des tentatives d’homicide, pour un parricide et des empoisonnements. Ces derniers sont deux fois plus nombreux dans la 1ère partie du siècle voir tableau ci-dessous. Les hommes sont accusĂ©s principalement d’assassinats ou de meurtres avec un flĂ©chissement sur la deuxième moitiĂ© du siècle, de tentatives d’homicide, et plus rarement d’infanticides, de parricides et d’empoisonnements ces derniers Ă©taient onze fois plus nombreux dans la première moitiĂ© de siècle. Les empoisonnements, souvent prĂ©sentĂ©s par la presse comme le crime fĂ©minin » par excellence, sont pourtant très rarement jugĂ©s en Haute-Garonne, et ils sont deux fois plus perpĂ©trĂ©s par les hommes entre 1811 et 1914. Fig. 7. Nombre d’hommes et de femmes accusĂ©s en Haute-Garonne pour homicide 1811-1914 © Sandrine Pons. 15 Émile Durkheim, Le suicide, Ă©tude de sociologie 1897, PUF, 1983, p. 389. 16 Nicolas Bourgoin, Les chiffres du crime…, op. cit., p. 78. 17 Michel Nassiet, La violence, une histoire sociale. France, xvie-xviiie siècles, Seyssel, Champ Vall ... 27Depuis le xixe siècle, les chercheurs Ă©mettent des hypothèses pour justifier la faible part des femmes parmi les meurtriers. Ils mettent bien Ă©videmment les cas d’infanticide de cĂ´tĂ©. Mais, il est vrai que les femmes poursuivies pour meurtre, en dehors des infanticides, sont rares voir tableau ci-dessus. Émile Durkheim suppose que, si les femmes commettent moins d’homicide, c’est qu’elles ne participent pas de la mĂŞme manière Ă la vie collective15 ». Nicolas Bourgoin rejette en partie cette hypothèse en s’appuyant sur les statistiques criminelles postĂ©rieures Ă la deuxième guerre mondiale en France qui confirment la surreprĂ©sentation masculine, alors mĂŞme que les femmes participent davantage Ă la vie publique16. L’anthropologie peut-elle enrichir la rĂ©flexion ? C’est ce que pense Michel Nassiet17, historien de la violence, qui se reporte aux travaux d’Alain Testart après avoir constatĂ© qu’à l’époque moderne, en Europe, les femmes tuaient moins que les hommes et que le mode opĂ©ratoire Ă©tait très diffĂ©rent, puisqu’elles n’utilisaient pas d’armes. Cela serait le rĂ©sultat d’une division sexuelle des tâches de travail reposant sur une structure symbolique qui interdisait aux femmes l’utilisation d’armes tranchantes afin de ne pas mĂ©langer leur sang, celui des menstruations, avec un autre sang. Cette structure serait vivace dans les sociĂ©tĂ©s rurales Ă l’époque moderne, l’est-elle encore Ă l’époque contemporaine ? Conclusion 28Pour mettre Ă jour les logiques de genre qui traversent l’institution judiciaire, ses acteurs, ses discours, les arrĂŞts constituent une source insuffisante. Ils apportent trop peu d’informations et les statistiques sont construites Ă partir du sexe des individus, celui enregistrĂ© par l’état civil. Les dossiers d’assises qui contiennent toute l’instruction, des procès verbaux constatant le crime rĂ©digĂ©s par les forces de l’ordre aux interrogatoires des accusĂ©s et des tĂ©moins conduits par le juge d’instruction, sont beaucoup plus riches. Les lois du genre y sont plus dĂ©celables. 18 Ibid., p. 11. 29Ă€ l’universalisme juridique s’oppose une diffĂ©renciation sexuelle très marquĂ©e en matière judiciaire. Cependant, ce n’est pas la seule singularitĂ©, la diffĂ©renciation sociale est aussi Ă noter. Les accusĂ©s prĂ©sentĂ©s devant la cour d’assises de la Haute-Garonne entre 1811 et 1914 sont issus des classes populaires, et cela est d’ailleurs plus marquĂ© pour les femmes que pour les hommes. Ă€ partir des mĂ©tiers dĂ©clarĂ©s, % des hommes accusĂ©s sont issus de la bourgeoisie. Une seule femme se prĂ©sente rentière et se distingue donc des prĂ©sumĂ©es criminelles. Cela tient en particulier aux restrictions professionnelles auxquelles sont soumises les femmes, ne pouvant ou trop peu exercer de professions libĂ©rales, telles que notaire, avocat, assureur ou journaliste, qui sont les catĂ©gories socialement supĂ©rieures convoquĂ©es devant les assises et principalement pour des affaires de faux, de banqueroute frauduleuse, ou de dĂ©lit de presse. La criminalitĂ© serait donc circonscrite aux classes les plus populaires. Ă€ ce sujet, Nicolas Bourgoin constate que la pauvretĂ© Ă©conomique et sociale est moins un facteur de criminalitĂ© qu’un facteur de vulnĂ©rabilitĂ© et de victimisation vis-Ă -vis de la rĂ©pression pĂ©nale on condamne des personnes plus que des actes18. » 30Nous nous en tenons ici Ă l’étude statistique des crimes mais les peines prononcĂ©es par la cour d’assises mĂ©ritent aussi d’être analysĂ©es au prisme du genre. Les femmes sont plus acquittĂ©es que les hommes 41 % contre 32 % sur toute la pĂ©riode mais, on le sait, elles ne bĂ©nĂ©ficient pas toujours de l’indulgence des jurys, elles peuvent aussi ĂŞtre condamnĂ©es avec un surcroĂ®t de sĂ©vĂ©ritĂ©. La complexitĂ© est donc Ă Ă©tudier. Haut de page Notes 1 Michelle Perrot, Ouverture » in Christine Bard, FrĂ©dĂ©ric Chauvaud, Michelle Perrot, Jacques-Guy Petit dirs., Femmes et justice pĂ©nale, xixe‑xxe siècles, Rennes, PUR, 2002, p. 10 et p. 16. 2 Ces statistiques sont rĂ©alisĂ©es dans le cadre d’un doctorat portant sur la comparaison des hommes et des femmes ayant Ă©tĂ© jugĂ©s pour homicide au sens large devant la cour d’assises de la Haute-Garonne dans la 2e moitiĂ© du xixe siècle. L’analyse des discours des dossiers d’instruction et des comptes-rendus de la presse locale est le cĹ“ur du travail. 3 FrĂ©dĂ©ric Chauvaud, Arnaud‑Dominique Houte, Au voleur ! Images et reprĂ©sentations du vol dans la France contemporaine, Paris, Publications de la Sorbonne, 2014, p. 8. 4 Louis Gruel, Pardons et châtiments, Paris, Nathan, 1991, p. 47. 5 Vol commis par un domestique ou un homme de service Ă gages mĂŞme lorsqu’il est commis envers une personne qu’il ne sert pas mais qui se trouvait dans la maison ou l’atelier du maĂ®tre. 6 Michelle Perrot, Philippe Robert, Le compte gĂ©nĂ©ral de l’administration de la justice criminelle en France pendant l’annĂ©e 1880 et rapport relatif aux annĂ©es 1826 Ă 1880, Genève-Paris, Slatkine Reprints, 1989, p. 6. 7 Ce que nous avons qualifiĂ© de crimes spĂ©cifiques » sont les crimes associĂ©s quasi exclusivement aux hommes ou bien aux femmes. Ce sont les statistiques criminelles qui font Ă©merger des crimes pour lesquels les hommes ou bien les femmes sont surreprĂ©sentĂ©s parmi les accusĂ©s. 8 Anne-Claude Ambroise-Rendu, Attentats Ă la pudeur sur enfants le crime sans violence est-il un crime ? 1810-1930 », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 2009, 56-4, p. 165. 9 Georges Vigarello, Histoire du viol, xvie-xixe siècles, Paris, Seuil, 1998. 10 Nicolas Bourgoin, Les chiffres du crime. Statistiques criminelles et contrĂ´le social France, 1825-2006, L’Harmattan, Paris, 2008, p. 56. 11 C’est la thèse d’Agnès Fine. Agnès Fine, Savoirs sur le corps et procĂ©dĂ©s abortifs au xixe siècle », Communications, 44, 1986, p. 107-136. 12 Aude Fauvel a Ă©tudiĂ© les viols commis par des femmes Ă cette Ă©poque. Aude Fauvel, Les femmes violeuses existent-elles ? Entre mĂ©decine, droit et littĂ©rature la naissance d’un tabou dans la France du xixe siècle », in Jean-Jacques Lefrère, Michel Pierssens Ă©ds., Crimes et dĂ©lits, Tusson, Éditions du LĂ©rot, 2012, p. 91-116. 13 Anne‑Marie Sohn, Sois un homme ! » La construction de la masculinitĂ© au xixe siècle, Paris, Seuil, 2009, p. 441. 14 L’avortement n’est pas classĂ© comme homicide par le Code pĂ©nal et par les mĂ©decins lĂ©gistes tel Ambroise Tardieu voir sa dĂ©monstration dans Ambroise Tardieu, Étude mĂ©dico-lĂ©gale sur l’infanticide, Paris, B. Baillière et fils, 1868, p. 4. 15 Émile Durkheim, Le suicide, Ă©tude de sociologie 1897, PUF, 1983, p. 389. 16 Nicolas Bourgoin, Les chiffres du crime…, op. cit., p. 78. 17 Michel Nassiet, La violence, une histoire sociale. France, xvie-xviiie siècles, Seyssel, Champ Vallon, 2011, p. 41 Ă 46. 18 Ibid., p. de page Table des illustrations Titre Fig. 1. Nombre d’hommes et femmes accusĂ©s par pĂ©riodes quinquennales aux assises de la Haute-Garonne 1811-1914 CrĂ©dits © Sandrine Pons. URL Fichier image/png, 28k Titre Fig. 2. Hommes et femmes accusĂ©s de vol et tentative de vol en Haute-Garonne par dĂ©cennie 1811-1914 CrĂ©dits © Sandrine Pons. URL Fichier image/png, 87k Titre Fig. 3. CatĂ©gories socioprofessionnelles des femmes accusĂ©es de vol 1811-1914 CrĂ©dits © Sandrine Pons. URL Fichier image/png, 27k Titre Fig. 4. CatĂ©gories socioprofessionnelles des hommes accusĂ©s de vol 1811-1914 CrĂ©dits © Sandrine Pons. URL Fichier image/png, 23k Titre Fig. 5. Nature des crimes masculins jugĂ©s en Haute-Garonne 1811-1914, en chiffres absolus CrĂ©dits © Sandrine Pons. URL Fichier image/png, 15k Titre Fig. 6. Nature des crimes fĂ©minins jugĂ©s en Haute-Garonne 1811-1914, en chiffres absolus CrĂ©dits © Sandrine Pons. URL Fichier image/png, 13k Titre Fig. 7. Nombre d’hommes et de femmes accusĂ©s en Haute-Garonne pour homicide 1811-1914 CrĂ©dits © Sandrine Pons. URL Fichier image/png, 3,6k Haut de page Pour citer cet article RĂ©fĂ©rence Ă©lectronique Sandrine Pons, Les crimes ont-ils un genre ? Étude statistique comparĂ©e de la criminalitĂ© masculine et fĂ©minine en Haute‑Garonne au xixe siècle », Les Cahiers de Framespa [En ligne], 25 2017, mis en ligne le 15 octobre 2017, consultĂ© le 20 aoĂ»t 2022. URL ; DOI de page Auteur Sandrine Pons Sandrine Pons, certifiĂ©e d’histoire-gĂ©ographie, doctorante Ă l’universitĂ© Toulouse-Jean Jaurès, FRAMESPA/TESC. Sujet de thèse Codes de loi, codes du genre hommes et femmes devant la cour d’assises de la Haute-Garonne dans la seconde moitiĂ© du xixe siècle » Articles du mĂŞme auteur Paru dans Les Cahiers de Framespa, 29 2018 Paru dans Les Cahiers de Framespa, 25 2017 Haut de page
Dans l’ordre judiciaire, il y a deux catégories de justice dont l’une est compétente en matière civile et l’autre en matière pénale. Notons que la cour d’assises fait partie de cette dernière, car elle est chargée de trancher les personnes accusées d’avoir perpétré un crime. En France, cette juridiction départementale englobe la famille des tribunaux de première instance. Il est important de connaître qu’en première instance, elle est formée par Un président,Deux assesseurs représentés par deux magistrats professionnels,Un jury de six citoyens tirés au sort,Un avocat général représentant le ministère public,Et un greffier. Dans la pratique, cette juridiction présente deux spécificités dont la première est son caractère non permanent, c’est-à -dire qu’elle ne se réunit que tous les trois mois, et quant à la seconde, elle rend une justice populaire, car la voix des citoyens est entendue lors de la prise de décision. Sachez que dans certaines affaires plus graves comme les crimes terroristes ou le trafic de drogue en bande organisée, la cour siège en formation spéciale, car des magistrats remplacent les jurés. En principe, cette juridiction est compétente pour juger les crimes, c’est-à -dire des infractions passibles d’une peine de prison supérieure à dix ans, ainsi que tous les actes délictueux connexes à un crime. Il faut noter que la justice des mineurs est compétente pour réprimer les crimes réalisés par les mineurs et que c’est la cour de justice de la République qui s’occupe des actes criminels perpétrés par un membre du gouvernement. La démarche à suivre devant cette juridiction D’une manière générale, c’est la cour d’assises qui se trouve dans le lieu de l’infraction, du domicile de l’accusé ou du lieu de l’arrestation qui dispose la compétence. Tout d’abord, la victime ou l’officier de police judiciaire informe le procureur de la République de l’existence d’une infraction. Après, il peut classer l’affaire sans suite faute de preuve ou décider d’ouvrir une information judiciaire. Dans cette dernière hypothèse, il va désigner un juge d’instruction dans l’objectif de mener à bien l’enquête. Lorsque l’information judiciaire est terminée, le juge d’instruction va saisir la cour d’assises par le biais d’une ordonnance de mise en accusation. Et enfin, le temps est venu d’ouvrir le procès. Donc, des audiences auront lieu et à la fin de celles-ci, un jugement sera pris à l’encontre de l’accusé. Les éventuels recours possibles Après la condamnation de l’accusé, la juridiction doit l’informer qu’il a la possibilité de faire appel à cette décision dans un délai de 10 jours à compter de sa notification devant la cour d’assises d’appel qui est composée par des neufs jurés. En principe, cette démarche peut être faite par l’accusé, le parquet et la victime. Si vous n’êtes pas satisfait de la décision de cette instance, il est encore envisageable de former un pourvoi en cassation dans une durée de 5 jours francs à partir de la notification de la décision rendue.
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