🐒 Jean D Ormesson Le Train De La Vie

Letrain de la vie Les bulles d'amour / je suis content d’avoir fait un bout de chemin avec vous. » Jean d’Ormesson. 3. Navigation de l’article. ← Article prĂ©cĂ©dent. Article suivant →. chapitre_b "Ti amo Redis-moi ti amo Garde-moi, ti amo MĂȘme “L’amour rend aveugle. L’amour doit rendre a UnemĂ©taphore Ă  la portĂ©e de tous.Acordam voys acvompagbe et vous aide Ă  gĂ©rer vos dĂ©sĂ©quilibres Ă©motionnels.Hypnose, mĂ©ditation; marche, libĂ©ration de la pa Letrain de la vie (jean d'Ormesson) Report this post Anne GAYRAUD Anne GAYRAUD ANIMATRICE COMMERCIALE chez Groupe Mutualia Published Jun 4, 2018 + Follow A la naissance, on monte dans le train et Letrain de la vie À la naissance, on monte dans le train et on rencontre nos parents. Et on croit qu’ils voyageront toujours avec nous. Pourtant, Ă  une station, nos LeTrain de la Vie est une magnifique mĂ©taphore pour rĂ©sumer la vie : un train Ă  bord duquel nous montons, mais dont nous ignorons la destination. Jeand'Ormesson : A la naissance, on monte dans le train et on rencontre nos parents. Et on croit qu’ils voyageront toujours avec nous. Pourtant, Ă  une station, nos parents descendront du train, nous laissant seuls continuer le voyage Au fur et Ă  mesure que le temps passe, d’autres personnes montent dans le train. LamĂȘme sociĂ©tĂ© qui abhorre le bourreau professionnel n'Ă©prouve aucun dĂ©goĂ»t pour le bourreau gentleman . Souvenirs de la maison des morts p295 - DostoĂŻevski. Votre commentaire sur cette citation. Contribuer. 200 000 citations proverbes et dictons avec Dicocitations le dictionnaire des citations. Chaque citation exprime les opinions de son 7fĂ©vr. 2020 - Jean d'Ormesson emploie une magnifique mĂ©taphore pour rĂ©sumer la vie : un train Ă  bord duquel nous montons, mais dont nous ignorons la destination. ConfidentialitĂ© . Pinterest. Aujourd'hui. Explorer. Lorsque les rĂ©sultats de saisie automatique sont disponibles, utilisez les flĂšches Haut et Bas pour vous dĂ©placer et la touche EntrĂ©e pour Lacitation la plus courte sur « train de vie » est : « On a les vices que son train de vie permet. » ( Jean Basile ). Quelle est la citation la plus belle sur « train de vie » ? La citation la plus belle sur « train de vie » est : « J'ai adaptĂ© mon train de vie Ă  mes exigences. Je ne suis pas obligĂ© de travailler coĂ»te que coĂ»te. IAqoJWm. DĂ©cĂ©dĂ© en dĂ©cembre 2017, Jean d'Ormesson repose dĂ©sormais dans un endroit qu'il affectionnait particuliĂšrement, comme le rĂ©vĂšle sa veuve dans les colonnes de Paris 5 dĂ©cembre prochain, cela fera dĂ©jĂ  un an que Jean d'Ormesson est mort. Dans les colonnes de Paris Match, son Ă©pouse Françoise BĂ©ghin se confie Ă  cƓur ouvert sur leur relation et les derniers instants de l'AcadĂ©micien. S'il a toujours vĂ©cu sa vie comme il l'entendait, Jean d'Ormesson a Ă©galement choisi l'endroit oĂč il allait reposer. Ensemble, ils en avaient parlĂ© il y a dĂ©jĂ  quelques annĂ©es. "Je lui ai demandĂ© s'il Ă©tait d'accord pour que ces cendres soient dispersĂ©es Ă  Venise, devant la Douane de mer", s'est souvenue sa faut dire que cet endroit avait une place particuliĂšre dans le cƓur de Jean d'Ormesson. "Nous y allions, au printemps, depuis toujours, a avouĂ© Ă  Paris Match Françoise BĂ©ghin. Il m'a rĂ©pondu 'Comme tu voudras'. Alors, en janvier dernier, nous l'avons accompagnĂ© pour son dernier voyage, devant la Douane de mer". De son vivant, l'AcadĂ©micien vouait une admiration sans borne Ă  l'Italie et plus particuliĂšrement Ă  la CitĂ© des cet entretien Ă  Paris Match, Françoise BĂ©ghin est Ă©galement revenue sur les derniers instants de son mari durant 55 ans. "L'avant-veille, Jean n'Ă©tait pas trĂšs en forme. Il n'est pas arrivĂ© Ă  faire son Sudoku, raconte-t-elle Ă  nos confrĂšres. HĂ©loĂŻse leur fille, NDLR est venue dĂ©jeuner. Elle Ă©tait plus inquiĂšte que moi". Quelques heures plus tard, "il a voulu aller dans la salle de bains, explique la veuve de Jean d'Ormesson. Il m'a demandĂ© de l'aider, je l'ai portĂ©. Il est tombĂ© dans mes bras. Un infarctus foudroyant." EtĂ© 2012, sur sa terrasse de Saint-Florent, en Corse, avec Jean-Marie Rouart. © Kasia Wandycz 22/09/2013 Ă  0845, Mis Ă  jour le 05/12/2017 Ă  0813 Le plus ouvert des patriarches de la littĂ©rature française Ă©tait aussi le plus secret. Pour son ami Jean-Marie Rouart, il avait tombĂ© le masque en 2013. Jean-Marie Rouart. Vous ĂȘtes un phĂ©nomĂšne atypique dans la sociĂ©tĂ© d’aujourd’hui, qui pourtant ne cesse de vous fĂȘter, alors que socialement, culturellement, politiquement vous incarnez l’élite de l’élite et semblez en rupture avec elle. Etes-vous une exception dans l’exception française ? Jean d’Ormesson. Je crois profondĂ©ment Ă  l’égalitĂ© entre les ĂȘtres humains. J’ai eu de la chance dans la vie. Quand j’étais jeune, le mot â€œĂ©lite” me faisait rire et le seul mot de “rĂ©ussite” me paraissait louche. Il me semblait qu’il y avait mieux Ă  faire que de “rĂ©ussir”. La rĂ©ussite m’a rattrapĂ©. J’y attache trĂšs peu d’importance. Ce qui compte, pour moi, ce sont les livres. Cette sociĂ©tĂ© actuelle vous l’aimez, bien qu’elle semble si diffĂ©rente de vous ? J’ai souvent enviĂ© le sort de ceux qui vivaient Ă  AthĂšnes au temps de PĂ©riclĂšs. Mais le siĂšcle de PĂ©riclĂšs, entourĂ© de tant de gĂ©nies, est aussi l’époque de l’effroyable guerre du PĂ©loponnĂšse. La sociĂ©tĂ© d’aujourd’hui manque sans doute de hauteur, de grandeur et de sens du prochain. En France, surtout, et en Europe, nous ne vivons pas une grande Ă©poque de l’Histoire. Je m’arrange de ce temps qui, comme par un miracle toujours renouvelĂ© et en dĂ©pit de ce que nous appelons le “progrĂšs” – et je suis de ceux qui y croient –, n’est pas meilleur que les autres. Mais pas pire non plus. Une sorte de moyenne et de mĂ©diocritĂ©. La suite aprĂšs cette publicitĂ© Qu’apprĂ©ciez-vous le moins en elle ? L’imposture, relayĂ©e le plus souvent par la mode et Ă©levĂ©e Ă  la hauteur d’un sport national. J’ai souvent le sentiment qu’en politique, en art, en littĂ©rature, dans la vie quotidienne, on veut nous faire prendre les vessies pour des lanternes. La suite aprĂšs cette publicitĂ© Etes-vous favorable au mariage pour tous ? Je suis pour l’extension aux homosexuels de la quasi-totalitĂ© des droits civiques, moraux, matĂ©riels, financiers qu’ils rĂ©clament Ă  juste titre. Ma rĂ©serve Ă  l’égard du “mariage pour tous” – quelle formule ridicule ! – est purement grammaticale. Les mots ont un sens. Le terme “mariage” a un sens prĂ©cis. Il aurait fallu, comme en Allemagne, trouver un autre nom. ConsidĂ©rez-vous qu’il faille punir la Syrie ? Je crois qu’il est inutile et qu’il ne convient pas d’ajouter encore au malheur des Syriens. Je suis horrifiĂ© par Bachar El-Assad et, en mĂȘme temps, sceptique sur les forces qui pourraient le remplacer elles me paraissent trĂšs proches de celles que nous avons combattues en Afghanistan et au Mali. La suite aprĂšs cette publicitĂ© La suite aprĂšs cette publicitĂ© Vous aimiez beaucoup Mitterrand, vous Ă©tiez trĂšs favorable Ă  Sarkozy. Que pensez-vous de Hollande ? Hollande a pour lui une faible majoritĂ© Ă  l’AssemblĂ©e nationale et au SĂ©nat. Et il a contre lui une forte majoritĂ© de Français, excĂ©dĂ©s par les impĂŽts, par les promesses non tenues, par l’insĂ©curitĂ©, par le laxisme de la Place VendĂŽme et par l’incohĂ©rence et les perpĂ©tuels louvoiements du Ă©voquez votre famille dans votre dernier livre. Celui dont vous parlez le moins, c’est votre pĂšre
 J’ai beaucoup parlĂ© de mon pĂšre, rĂ©publicain, dĂ©mocrate, jansĂ©niste, dans mes livres prĂ©cĂ©dents. Nos relations Ă©taient tendres et confiantes. Mais mon pĂšre est mort persuadĂ© que j’étais un voyou. Ma conduite, l’idĂ©e que je me faisais des plaisirs de l’existence et des moyens pour y parvenir et, surtout, un Ă©pisode de ma vie sentimentale l’ont dĂ©sespĂ©rĂ©. C’est un remords dont j’ai parlĂ© dans “Qu’ai-je donc fait”. Avez-vous reçu des gifles ? Des fessĂ©es ? Les fessĂ©es m’étaient donnĂ©es – dans les cas les plus graves, avec une brosse Ă  cheveux – par ma gouvernante allemande que j’adorais et qui s’appelait Lala. Ni mon pĂšre ni ma mĂšre n’ont jamais levĂ© un doigt contre moi. Une fois, pourtant, j’ai reçu une gifle – assez douce – de mon pĂšre. C’est mon souvenir le plus ancien. Je dois avoir 6 ans. Je suis au balcon de la lĂ©gation de France Ă  Munich lorsque je vois passer, sous des drapeaux rouges frappĂ©s d’une sorte de croix noire et bizarre sur un centre blanc, un cortĂšge de jeunes gens qui chantent – trĂšs bien – sous les applaudissements de la foule. Je me mets Ă  applaudir moi-mĂȘme. Et mon pĂšre me flanque une claque. En avez-vous donnĂ© Ă  votre fille, HĂ©loĂŻse ? Avez-vous Ă©tĂ© un bon pĂšre ? Ai-je Ă©tĂ© un bon pĂšre ? J’ai pour ma fille une tendre affection septembre et mĂȘme de l’admiration. Mais je crains d’avoir Ă©tĂ© un pĂšre guettĂ© par le narcissisme et plus prĂ©occupĂ© de mes manuscrits que de ma fille, entiĂšrement Ă©levĂ©e par une mĂšre digne de tous les Ă©loges. Je n’ai Ă©videmment jamais donnĂ© de fessĂ©e Ă  ma fille. Dans votre livre, vous Ă©voquez le chĂąteau de Saint-Fargeau. Vous-mĂȘme, vous sentez-vous aristocrate ? La gĂ©nĂ©alogie, les quartiers de noblesse, ça vous intĂ©resse ? La rĂ©ponse aux deux questions est non. Cela dit, je suis fier de ma famille. Il s’agit simplement, dans les limites du possible, de ne pas en ĂȘtre trop image, votre lĂ©gende, c’est le bonheur, un insolent bonheur. Pourtant, vous avez bien dĂ» connaĂźtre des moments douloureux. “Il est indigne des grandes Ăąmes de faire part des troubles qu’elles Ă©prouvent.” Je ne suis pas une “grande Ăąme”, mais je pense sur ce point comme Vauvenargues."L’idĂ©e de la mort ne m’occupe pas tout entier. Je l’ attends avec une humble espĂ©rance" De Gaulle a connu plusieurs fois la tentation du suicide. Et vous ? Je fais profession d’aimer la vie. Merci pour les roses et merci pour les Ă©pines. Avez-vous eu le sentiment d’ĂȘtre trahi ? Quand ? A quelle occasion ? Je n’ai jamais eu le sentiment d’ĂȘtre trahi par qui que ce soit. Ou alors, j’ai oubliĂ©. Vous ĂȘtes-vous jamais senti coupable ? Je passe la moitiĂ© de mon temps Ă  me sentir coupable. Et l’autre moitiĂ© Ă  oublier que je le suis. Vous avez la rĂ©putation d’ĂȘtre oecumĂ©nique et gentil. Vous est-il arrivĂ© d’ĂȘtre cruel ? MĂȘme les gentils ont leurs cruautĂ©s. Ne jamais souffrir ou rarement, n’est-ce pas ĂȘtre armĂ© pour faire souffrir les autres ? Je dĂ©teste la souffrance. Pour les autres comme pour moi. J’essaie de lutter – souvent sans succĂšs – contre l’égoĂŻsme et le narcissisme frĂ©quents chez les Ă©crivains. Pensez-vous Ă  la postĂ©ritĂ© ? Je vis au prĂ©sent. Demain est un autre jour. Je ne sais plus qui disait “Pourquoi ferais-je quelque chose pour la postĂ©ritĂ© ? Elle n’a rien fait pour moi.” De temps en temps, je rĂȘve d’un jeune homme ou d’une jeune fille qui, trente ans aprĂšs ma mort, tomberait sur un de mes livres. Vous avez eu un ancĂȘtre rĂ©volutionnaire, Lepeletier de Saint- Fargeau, qui a votĂ© la mort de Louis XVI ; quelle est votre part rĂ©volutionnaire ? Il y a Ă©videmment des liens entre littĂ©rature et rĂ©volution. Tout livre digne de ce nom est, en un sens, une rĂ©bellion. Lepeletier a Ă©tĂ© au PanthĂ©on. Et vous, en 2250, souhaiteriez-vous y ĂȘtre ? En 2250, en dĂ©pit de la formule de Barbey d’Aurevilly “Pour le climat, je prĂ©fĂšre le ciel ; mais pour la compagnie, je prĂ©fĂšre l’enfer”, je souhaiterais ĂȘtre au paradis. Qui, selon vous, dans les Ă©crivains vivants, mĂ©rite d’y entrer ? Il m’est impossible de parler des vivants le temps seul jugera. Mais je m’intĂ©resserai Ă  ce temple le jour oĂč les cendres de PĂ©guy, catholique et socialiste, dreyfusard, mort pour la France et pour la RĂ©publique, Ă©crivain de gĂ©nie, y seront enfin dĂ©posĂ©es. Vous parlez beaucoup de Dieu. Vous sentez-vous plus catholique ou plus chrĂ©tien ? Je respecte et j’admire la religion catholique. J’espĂšre mourir dans son sein, en croyant ravagĂ© par le doute. Mais je me sens d’abord chrĂ©tien. Vous avez Ă©crit que de tous les faux dieux, c’est le soleil que vous auriez pu adorer. Il y a un peu de paĂŻen chez vous ? J’aime le plaisir, le soleil, la lumiĂšre, la Toscane, les Pouilles, les Ăźles grecques, la cĂŽte turque et les corps – y compris le mien. Je crois aussi que la vie n’est pas seulement une fĂȘte et qu’il y a au-dessus de nous quelque chose de sacrĂ©. Votre dernier livre a pourtant des accents testamentaires vivez-vous dans la conscience de la mort ? Je n’ai pas ressenti mon livre comme un testament. L’idĂ©e de la mort inĂ©luctable est trĂšs loin de m’occuper tout entier. Je l’attends sans impatience et avec une humble espĂ©rance. La vie est peut-ĂȘtre faite pour apprendre Ă  mourir, mais il faut d’abord la vivre. Dans votre roman, vous crĂ©ez un beau personnage de femme, Marie. C’est aussi un livre qui vĂ©hicule beaucoup d’idĂ©es. Ce qui fait vivre les romans, ce sont les personnages Gargantua, Don Quichotte, Julien Sorel, Anna Karenine, le baron de Charlus, AurĂ©lien – et mĂȘme ArsĂšne Lupin. Mais le roman moderne est en train de s’essouffler et de chercher des voies nouvelles. Je ne suis pas un romancier classique. Je ne suis peut-ĂȘtre mĂȘme pas tout Ă  fait un romancier. J’essaie de garder l’élan, l’impatience, l’attente fiĂ©vreuse du roman – qui manquaient tant dans le nouveau roman – et d’ouvrir d’autres chemins. Vous donnez le sentiment de n’avoir jamais souffert, d’ĂȘtre bĂ©ni des dieux. Pourtant, vous avez connu rĂ©cemment la maladie, la souffrance. Cela a-t-il changĂ© votre vision des choses ? Bernard Frank, qui avait beaucoup de talent, m’a dit un jour “Tu ne seras jamais un grand Ă©crivain parce que tu n’as pas assez souffert.” J’ai connu la souffrance, ces six ou sept derniers mois. Je ne suis pas sĂ»r que la dose ait Ă©tĂ© suffisante pour me permettre d’accĂ©der Ă  la dignitĂ© redoutable de “grand Ă©crivain” ! Comment imaginez-vous la France dans cent ans ? Je ne lis pas dans le marc de cafĂ©. Toujours l’inattendu arrive. Une chose est sĂ»re il y aura dans l’avenir des catastrophes inouĂŻes – mais aussi, j’espĂšre, encore un peu de bonheur. Nous avons le choix, dans l’avenir, entre une nouvelle renaissance fondĂ©e sur une science balisĂ©e par l’éthique et un retour Ă  une sorte de Moyen Age en miettes, avec ses clans et sa brutalitĂ© et sans ses cathĂ©drales. Il n’est pas impossible que nous entrions dans un temps d’affrontement et de violence. Mais le pire n’est pas toujours sĂ»r. Je souhaite, dans cent ans, une France rĂ©conciliĂ©e dans une Europe unie et puissante. 04h11 , le 27 dĂ©cembre 2015 , modifiĂ© Ă  11h06 , le 21 juin 2017 Qui peut se permettre d'appeler Jean d'Ormesson "ambitieux au rabais", "gandin dorĂ© sur tranche", "vermisseau des marais", "torrent de suffisance", "outrecuidant matamore", "Talleyrand du cafĂ© du Commerce", etc.? Jean d'Ormesson lui-mĂȘme, bien sĂ»r! Dans son nouveau livre, Je dirai malgrĂ© tout que cette vie fut belle un alexandrin d'Aragon, il s'imagine devant un tribunal dont l'insolent procureur n'est autre que lui, son surmoi moral, testimonial, inquisitorial. Dieu, en quelque sorte, Ă  l'heure du bilan. Ou plutĂŽt une premiĂšre instance de Dieu auquel il ne croit pas, mais auquel il croit quand mĂȘme parce qu'il espĂšre qu'il existe et que ce serait trop triste et dĂ©cevant autrement. D'Ormesson est comme ces joueurs de casino qui saupoudrent de leurs jetons la table de la roulette plutĂŽt que de les mettre tous sur un seul aussi Jean d'Ormesson "J'ai dĂ©jĂ  mon Ă©pitaphe"D'ailleurs, sans que son mĂ©chant double n'ait Ă  le pousser aux fesses, il assure volontiers avoir Ă©tĂ© lĂ©ger, frivole, de s'ĂȘtre trop souvent laissĂ© emporter par la chance, les plaisirs, les mots, les femmes, les honneurs, et de n'avoir eu pour toute ambition que d'ĂȘtre heureux. C'est si vrai que ce livre "
 Je ne suis pas tombĂ© assez bas pour vous livrer ce qu'il est convenu d'appeler des MĂ©moires", Ă©crit-il avec une ironie jubilatoire au beau milieu de ce nouveau et brillant exercice de la mĂ©moire sent le bonheur Ă  plein la philosophie n'a pu le rendre ennuyeux, sombre, moins encore tragique. Chez lui, le penseur façon Rodin pense au soleil de la MĂ©diterranĂ©e, aux cyprĂšs et aux oliviers de la Toscane, Ă  la poĂ©sie de Paul-Jean Toulet ou aux chagrins d'amour qui sont encore une autre façon pour la vie de se faire d'O ressemble Ă  ces conteurs des veillĂ©es d'autrefoisL'incroyable avec Jean d'Ormesson, c'est que ses Ă©lans de mauvaise conscience procurent Ă  sa plume des bonheurs de style, ses Ă©tats d'Ăąme des pages d'allĂ©gresse ou de gratitude. Il n'en revient toujours pas d'ĂȘtre encore vivant, tellement vivant, et d'avoir reçu de l'existence autant de marques de faveur. Alors, il raconte, et Ă  raconter il met autant d'Ă©nergie ou de dĂ©sinvolture fringante qu'il en mit Ă  ĂȘtre normalien, fonctionnaire intello Ă  l'Unesco, Ă©crivain, directeur du Figaro, membre du comitĂ© de lecture de Gallimard, acadĂ©micien, journaliste et toujours et de plus en plus Ă©crivain, jusqu'Ă  son entrĂ©e dans la PlĂ©iade, ĂŽ joie, ĂŽ bonheur, ĂŽ vieillesse mon amie!Les citations, les anecdotes, les histoires drĂŽles, les mots d'auteur, on sait combien l'auteur de Garçon de quoi Ă©crire en raffole! LĂ , il en fait une anthologie. Je ne les connaissais pas tous. Jean d'O ressemble Ă  ces conteurs des veillĂ©es d'autrefois dont on apprĂ©ciait d'autant plus les rĂ©cits qu'on se reprochait de les avoir dĂ©jĂ  oubliĂ©s. Je ne me rappelais pas, par exemple, imposĂ©e par la tradition, cette visite qu'il fit Ă  François Mitterrand Ă  l'ÉlysĂ©e, en tant qu'acadĂ©micien, pour lui prĂ©senter un nouvel Immortel, Michel DebrĂ©. "- Quelle curieuse idĂ©e, Monsieur le Premier ministre, de vous ĂȘtre prĂ©sentĂ© Ă  l'AcadĂ©mie française. Et François Mitterrand tourna le dos Ă  Michel DebrĂ© pour entamer avec moi une conversation qu'il fit durer trois bons quarts d'heure. MalgrĂ© tous mes efforts, il me fut impossible de ramener dans le circuit mon nouveau confrĂšre, qui ne prononça pas un seul mot.""Tout au long de notre vie, nous courons du rien au rien"Sa gaietĂ© naturelle n'empĂȘche pas Jean d'Ormesson de songer Ă  la mort, au nĂ©ant. "Tout au long de notre vie, nous courons du rien au rien." Magnifique et terrible apophtegme. Mais, entre ces deux riens, il a su collectionner les rencontres avec des personnages qui l'ont Ă©tonnĂ©, qu'il a admirĂ©s ValĂ©ry, Jean-Paul Aron, Raymond Aron, Paul Morand, Jean-François Deniau, Roger Caillois, les Broglie, François Nourissier, Marc Fumaroli, etc., sans oublier l'adversaire politique qu'il aura prĂ©fĂ©rĂ© Ă  tous les dirigeants de droite François Mitterrand. Parce que lui aimait la littĂ©rature et les Ă©crivains
Son jaloux et diabolique surmoi qu'il Ă©crit Sur-Moi veut entraĂźner Jean d'Ormesson sur le chapitre de la sexualitĂ©. Oh lĂ  lĂ , pas touche! Dans nos grandes familles, on ne se dĂ©boutonne pas. Quand mĂȘme, cet aveu en langage canaille "Longtemps, j'ai travaillĂ© au lieu de baiser." Le regret d'avoir enlevĂ© la femme d'un cousin. Le rĂ©cit de quelques appĂ©tits contrariĂ©s. Page 296, il se marie avec Françoise. Beau portrait. "Elle m'aimait. Je l'aimais. Je l'ai Ă©pousĂ©e." Quatre-vingts pages plus loin, apparaĂźt pour la premiĂšre fois, sauf erreur, sous sa vraie identitĂ©, une femme qu'on a souvent croisĂ©e dans ses prĂ©cĂ©dents livres Malcy Ozannat. "Je l'ai aimĂ©e, admirĂ©e, vĂ©nĂ©rĂ©e. Et je l'aime, je l'admire, je la vĂ©nĂšre toujours. Je ne vous en dirai pas plus."Peut-ĂȘtre laisse-t-il galamment Ă  Malcy Ozannat, Ă©ditrice de nombreux livres de Jean d'Ormesson, la possibilitĂ© d'en Ă©crire, un jour, bien davantage?Je dirai malgrĂ© tout que cette vie fut belle, Jean d'Ormesson, Gallimard, 464 p., 22,50 euros, en librairies JDD papier

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